Je suis (aussi) Community Manager bénévole.

mercredi, avril 19, 2017


Cela va bient√īt faire deux ans que je suis la Commnunity Manager des Sacr√©es Blogueuses et je le fais toujours avec autant d'amour. Parce que c'est vraiment de √ßa qu'il s'agit, une jolie histoire d'amour.

Je me souviens bien de la première fois que l'on s'est réunies, en mode le Cercle des Poètes disparus mais heureusement, sans fin dramatique
J'ai toujours été celle qui est la plus active sur les réseaux sociaux alors c'est tout naturellement que les filles m'ont désignée Community Manager. J'ai accepté sans réfléchir parce que ça sonnait bien à mon oreille et que ça me donnait une bonne excuse pour passer du temps sur Facebook, Instagram et Twitter.

Je n'ai suivi aucune formation en communication, j'ai obtenu un BTS assistante trilingue et apr√®s je suis partie vivre √† l'√©tranger. On peut dire que dans ce domaine, j'ai √©t√© autodidacte et √ßa tombe bien parce que j'adore apprendre par moi-m√™me (ce n'est pas pour rien que je me suis expatri√©e pendant 10 ans). Quand tu vis loin de chez toi, les r√©seaux sociaux sont un formidable lien entre ici et l√†-bas et puis avec la cr√©ation de mon blog, je me suis rendu compte de leur importance. J'ai commenc√© √† m'int√©resser au monde virtuel de la blogosph√®re que j'ai trouv√© riche et inspirant. J'avais envie d'en faire parti parce que c'est plut√īt chouette d'appartenir √† une communaut√© qui se fout des fronti√®res et qui te permet d'√©largir tes horizons.

√ätre la Community Manager b√©n√©vole des SB (j'insiste sur le terme b√©n√©vole parce que les gens ne savent pas toujours que nous sommes une asso qui ne touche aucune r√©mun√©ration) m'a permis de laisser libre cours √† ma cr√©ativit√© et surtout de voir Reims diff√©remment et positivement. Je ne suis pas photographe mais je suis de nombreux comptes et blogs dans le m√™me esprit que nous  (Rennes √† coup de coeur, √Ėverways, Les Mondaines, From Liege with love etc) qui ont une sensibilit√© qui me touche et qui m'inspire. Il ne s'agit surtout pas de copier mais de parvenir √† trouver son propre style, sans pression. Quand je poste une photo sur IG ou un post sur FB et Twitter, je ne cherche pas √† avoir le plus de likes possible, alors √©videmment, √ßa fait plaisir, c'est un peu la cerise sur le cupcake mais si je partage quelque chose c'est spontan√©, c'est parce que j'y ai vu quelque chose de beau que j'ai envie de partager.

Ma façon de gérer les réseaux sociaux des Sacrées Blogueuses est vraiment à l'image de notre association que nous voulons sincère et généreuse. Les filles me font confiance et me laissent en complète autonomie, et c'est parfait pour quelqu'un comme moi, soucieuse de sa liberté d'expression et de sa liberté tout court.

Je ne sais toujours pas si je fais les choses bien comme il faut mais je continue d'apprendre, de m'am√©liorer, les SB me soutiennent et les retours positifs de notre communaut√© m'encouragent et me prouvent que j'ai eu raison de m'embarquer dans cette folle aventure. Une aventure avant tout humaine, possible gr√Ęce √† un peu de virtuel et tant que la passion est l√†, il n y a aucune raison d'arr√™ter.




C'est donc la première fois que je suis Community Manager. Et c'est que du bonheur.

Ma routine bien-être

lundi, avril 17, 2017


Je ne sais pas si c'est d√Ľ √† mes lectures spirituelles (Flow, Respire et autres magazines inspirants ) mais plus √ßa va, plus je me concentre sur mon bien-√™tre.  

À vrai dire, j'ai commencé à le faire lorsque j'ai entamé ma psychothérapie à Toronto. J'avais un peu plus de 30 ans et j'en avais marre de rester bloqué sur certaines choses qui m'empêchaient d'avancer parce que clairement, elles me polluaient l'esprit ET le corps, car oui, tout est lié.
Une fois que j'ai compris ces blocages, j'ai ressenti un grand souffle de libert√©, c'est comme si on m'offrait la chance d'√™tre vraiment moi, je ne me sentais plus coinc√©e par le pass√© ou l'avenir. Je voyais l'un, d'un regard bienveillant et l'autre, d'un regard confiant. Et puis je me suis souvenue de L'alchimiste de Coelho, ce livre lu des ann√©es auparavant et qui avait raisonn√© si fort en moi. Cette envie de changement je l'avais depuis longtemps, elle avait juste besoin d'un coup de pouce. 

Je pense sinc√®rement qu'il n y a pas d'√Ęge pour effectuer des petites (ou grandes) r√©volutions int√©rieures, il faut avant tout √©couter son corps qui est le porte-parole de l'esprit.

Dans ma vie de tous les jours, je veille √† mon bien-√™tre de diff√©rentes mani√®res. Il m'arrive de faire de la m√©ditation de temps en temps, je marche beaucoup, je trie √©norm√©ment, j'ai gard√© une √Ęme d'enfant, j'essaie un maximum de vivre le moment pr√©sent, de me focaliser sur le positif (la technique de l'ancrage est tr√®s efficace) et donc d'√©viter toutes sources de n√©gativit√©. Je n'ai pas un salaire mirobolant et en travaillant dans l'animation j'ai une vie professionnelle plut√īt fragile mais je pr√©f√®re me concentrer sur ce qu'elle m'apporte, des coll√®gues sympathiques, des journ√©es rythm√©es et toujours remplies de fou-rires, et que ce soit √† la maison ou au travail, je ne me sens jamais seule. Parce que non, je ne fais pas de mon c√©libat, un √©l√©ment qui m'emp√™cherait d'√™tre heureuse, surtout pas. 

Je n'ai jamais touch√© √† la cigarette et j'ai toujours eu une hygi√®ne de vie plut√īt saine (sans √™tre parfaite non plus hein). R√©cemment, le 8 avril pour √™tre pr√©cise, je me suis lanc√©e dans un mois sans alcool, c'est le nouveau truc √† la mode (ref "Dry January") mais c'est pas pour faire comme les autres, non, je trouve les bienfaits de cette initiative super int√©ressants. Alors pourquoi pas ?!
J'ai également envie de faire une retraite de yoga et mon prochain achat sera certainement le livre La Maison Zen de Keisuke Matsumoto

Parfois, je me dis que je l'ai peut-être atteint cette paix intérieure dont on parle si souvent. Et si ce n'est pas le cas, je la touche du bout des doigts, ça, j'en suis certaine.

Et puis au final, je crois que c'est ce qui explique ma jeunesse √©ternelle. C'est tout du moins la r√©ponse que j'aime donner √† ces innombrables (j'ai arr√™t√© de compter) « c'est fou, je t'aurais donn√© 10 ans de moins ». Parce que oui, tout est dans la t√™te.

Alors, je vais voter.

vendredi, mars 17, 2017



Je n'ai pas voté pendant 10 ans. Ça correspond à mes années à l'étranger. Je dis pas que c'est bien ou mal parce que je n'ai pas de vision manichéenne de la vie. Surtout que la vie est de plus en plus fucked up.
Par contre je n'ai pas une image positive des politiciens, en plus j'ai toujours eu du mal √† faire confiance √† ceux qui portent des costards, moi je suis plut√īt du genre √† voter pour un Coluche. C'est pas que les salopettes c'est mon truc mais un gars qui pense √† cr√©er les restos du coeur est forc√©ment proche du peuple. Du vrai peuple. Celui dont on aime se rappeler le temps des √©lections mais qu'on oublie aussi vite apr√®s parce que bon, les smicards c'est pas glamour tu comprends.


Quand tu d√©cides de vivre √† l'√©tranger, certains te voient comme un/e l√Ęcheur/se et franchement, j'ai rien √† r√©pondre √† ces gens.
J'ai quitté la France pendant longtemps parce que je n'y trouvais pas ma place (le syndrome de l'enfant d'immigré peut-être), parce que je ne la comprenais pas, je suis rentrée et je ne la comprends toujours pas trop mais au moins maintenant j'essaie. Je crois que si même là-bas je n'avais pas envie de voter c'est parce j'avais un peu honte. Pas d'être française mais de ce qui se passait en France. Et puis j'étais loin, à des milliers de km, j'étais au Canada, un pays ou tu vois des panneaux d'affichages dans le métro avec des photos de femmes voilées à qui on souhaite la bienvenue. LA BIENVENUE. Je trouvais ça tellement chouette cette acceptation de l'autre, sans jugement, sans prise de tête. J'avais l'impression que tous les jours on me jetait de l'amour et de la tolérance à la figure. Si tu savais comme ça fait du bien.

Malgr√© tout j'ai d√©cid√© de revenir. Pas pour porter la bonne nouvelle ou une connerie du genre mais plut√īt pour partager mon exp√©rience, montrer que c'est possible de vivre ensemble. Tu sais, c'est un peu triste ce que je vais dire mais ceux qui me font r√©ellement appr√©cier la France sont ces r√©fugi√©s soudanais √† qui je donne un petit coup de main de temps en temps. Ils sont tellement fiers d'√™tre ici, ils encensent un pays que j'ai longtemps d√©nigr√©, alors je me dis que si eux parviennent √† y voir de la lumi√®re, je devrais y arriver.

D√©but avril, je vais recevoir ma carte d'√©lectrice, j'imagine que je vais ressentir un p'tit quelque chose quand m√™me. Un sentiment de renouer avec la France. Un truc du genre en tout cas. Parce que le chemin est encore un peu long. Et c'est pas la tournure que prennent les √©lections pr√©sidentielles qui va me r√©concilier avec la politique. 
Pour de vrai, tout au fond de moi, j'espère qu'un Justin Trudeau, tel un super héros, va venir nous sauver. Mais vu que chez nous c'est loin d'être le pays des bisounours, j'ai peur qu'on ait le droit qu'à un gargamelle. J'espère que je me trompe. Parce que vraiment, il est temps d'avancer.


C'est compliqué l'amour.

dimanche, février 19, 2017



Je ne suis pas vraiment dou√©e pour parler amour. Et pour le vivre non plus. Mais on me dit que c'est parce que je n'ai pas rencontr√© le bon, celui avec qui sois-disant tu arr√™tes de te poser des milliards de questions, celui avec qui tu te vois faire des babies super cute. Bon d'accord, c'est s√Ľrement vrai.

Moi, je me répète qu'il ne faut pas que je désespère. Qu'il faut croire au mektoub, à ma bonne étoile. Que c'est pas grave si j'ai la grosse trentaine. Qu'on n'est pas obligé de faire comme tout le monde, qu'on a le droit de prendre son temps. Et beaucoup de temps même si il le faut.
Alors oui, parfois j'ai un peu la trouille de finir seule, pas de l√† √† me r√©veiller pendant la nuit mais √ßa me prend de temps en temps. Surtout quand je regarde des films √† la con. Qui me vendent de la poudre aux yeux. Et puis je chasse √ßa de ma t√™te parce que non, ma vie c'est pas La La land (soupir) (Ryan oh Ryan). 
Et c'est pas grave. 

Toute ma vie, j'ai mis un point d'honneur √† √™tre ind√©pendante. C'est ainsi que ma m√®re m'a √©duqu√©e. C'√©tait important pour elle. Et j'y arrive tr√®s bien. Je pourrais recevoir un prix du jury je crois. Quant aux choix que j'ai fait, je n'ai pas chang√© de discours, je ne regrette rien et je ne troquerais pas mes ann√©es d'expatriation contre une maison, des gamins et un golden retriever juste parce qu'en principe, √† mon √Ęge, c'est the right thing to do.
Non, je pr√©f√®re attendre, je ne suis pas press√©e. Je pourrais prendre les choses en main mais c'est pas un truc sur lequel on a le contr√īle. C'est trop compliqu√©. Pour moi en tout cas. 

Je vais quand m√™me continuer de regarder des films nian nan parce que je vis par procuration et que les bisous, c'est joli aussi sur les √©crans. Et puis peut-√™tre qu'un jour quelqu'un toquera √† ma porte, et peut-√™tre m√™me que √ßa ne sera pas un t√©moin de j√©hova. 

Tu sais, faut rien l√Ęcher, m√™me les r√™ves les plus fous.

Anvers, des colocs et un peu de bière

dimanche, janvier 29, 2017



Anvers, j'en entendais beaucoup de bien et il fallait que je vois √ßa de mes propres yeux. Je n'ai jamais √©t√© d√©√ßue par la Belgique, c'est vraiment un pays o√Ļ il fait bon vivre. 

Avec mes colocs, on s'est dit que √ßa serait l'occasion de f√™ter nos un an de vie commune (en mode #TropChoupinou) alors le temps d'un week end, on a pris la voiture et trois heures (et des poussi√®res)  apr√®s on est arriv√©es √† Antwerp. Et c'√©tait super COOL.




On n'a pas eu de pluie, on a beaucoup marché, on a admiré l'architecture et on a été complètement bluffées par la gare qui vaut largement sa réputation.










On a aussi mang√© et bu quelques bi√®res et on a vu plein d'endroits trop cute, le genre qu'on aimerait voir √† Reims...
Y a du streetart, des vélos à gogo, du hipster et j'ai eu un peu l'impression d'être à Brooklyn, Berlin, Londres...bref, encore un sans faute pour la Belgique.








 " La Belgique vaut mieux qu'une querelle linguistique." Jacques Brel

PS : J'ai pris ces photos avec mon argentique Canon AE1, voil√†, c'est au cas ou tu te demanderais. 

2017, je compte un peu sur toi.

mercredi, janvier 18, 2017


L'autre jour, je me suis réveillée avec cette envie de refaire mon monde.


C'est peut-être parce qu'on entame une nouvelle année. Je sais qu'on entend mille fois ce genre de choses pendant le mois de janvier et ça finit par être aussi énervant que les gens qui continuent de te souhaiter "bonne année" alors que clairement, le 1er est loin derrière nous, mais moi aussi je peux être chiante. Parfois. Pas tout le temps.

Y avait un truc qui me chiffonnait depuis quelque temps, rien de grave, juste un truc de fille trop connect√©e. Depuis que je fais parti des Sacr√©es Blogueuses, je re√ßois des demandes d'amis sur ma page Facebook perso, alors bien s√Ľr, je ne les acceptais que si j'avais parl√© √† la personne de visu et que le courant passait et puis je me suis dit que malgr√© tout, j'avais le droit de me garder une petite g√™ne (comme disent les qu√©b√©cois). Du coup, j'ai fait le tri dans mes contacts parce que je n'ai pas envie de tout m√©langer. Avant d'√™tre Jasmin la Community Manager des SB #LaMeufQuiSeLaRaconte, je suis Jasmin. Point. Et c'est important pour moi de faire la part des choses. Donc, tout √ßa pour dire que j'ai cr√©e une page FB li√©e √† mon blog. Ce n'est pas la grosse r√©volution, je sais, mais j'ai trouv√© que c'√©tait une bonne id√©e.

Aussi, professionnellement parlant, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Au sens figuré évidemment car tu t'imagines bien qu'avec mon gabarit de gamine de 10 ans je ne me risquerais pas à jouer la Wonder Woman (mais comment ça serait trop cool en vrai).

Sinon, j'ai plut√īt de la chance parce que je rencontre un tas de jolies personnes, je te parle de celles qui te veulent vraiment du bien et qui croient en toi. Alors je ne sais pas pourquoi mais de plus en plus souvent, √† la fin de nos discussions, ces m√™mes personnes m'encouragent et me disent qu'elles sont pr√™tes √† me suivre. Pas au bout du monde mais dans le lancement d' un projet si jamais je me d√©cide √† en mettre un en place. Des id√©es j'en ai mais je r√™ve surtout d'un truc libre, compl√®tement libre, sans enjeu financier, sans arri√®re-pens√©e et je m'en fous qu'on me traite de grande utopique parce que c'est pas √† mon √Ęge que je vais changer. Merde.

Parfois je peux donner l'impression de ne pas prendre les choses au s√©rieux, je suis revenue du Canada avec un c√īt√© bisounours qui peut d√©concerter. Et certains peuvent y voir de la na√Įvet√©. Alors que j'essaie simplement de retenir le positif car vois-tu, ma vie n'a pas √©t√© que paillettes et confettis parce que j'√©tais une expatri√©e. C'est simplement que je n'ai pas envie de r√Ęler , de voir le mal partout et de me plaindre √† chaque contrari√©t√©, parce que un, √ßa ne sert √† rien, et que deux, √ßa pollue ma t√™te et mon √©nergie.


Alors mes vraies r√©solutions, c'est de continuer √† faire ce que je fais le mieux, c'est-√†-dire m'√©merveiller comme une enfant, m'√©nerver quand on me dit ce que je dois faire, dire ce que je pense, trouver un copain bref, rester moi-m√™me. 

Bien souvent, on cherche √† nous imposer une fa√ßon d'√™tre un peu passe-partout parce que tu comprends, faut rentrer dans les cases,  mais moi je n'ai pas appris √† vivre comme √ßa.

 Et si on me trouve atypique, tant mieux, c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire.


Ma vie professionnelle au Canada

dimanche, janvier 15, 2017


Tu faisais quoi comme travail là-bas ?

J'aime bien répondre à cette question. Parce que j'étais heureuse dans mon travail, c'est pas donné à tout le monde comme sensation.

Quand je suis arriv√©e au Canada, je me suis d'abord install√©e √† Montr√©al pendant 2 ans. J'ai travaill√© comme r√©ceptionniste dans deux h√ītels, c'√©tait  "en attendant " parce que j'avais envie d'autre chose. Et comme j'arrivais √† la trentaine (cette fameuse phase de remise en question), j'ai r√©alis√© que le temps passait vite et j'ai eu peur. 

Des amis à Toronto m'encourageaient à m'y installer parce qu'étant francophone, j'avais plus de chance d'y trouver un emploi qui me convienne. Je connaissais cette ville, je l'ai aimée dés ma première visite mais suite à un chagrin d'amour, mon corps entier se refusait à y aller. Et puis le temps a fait son oeuvre et j'étais prête. Je sais pas si je suis très claire dans ce que je raconte, j'espère.

Trois semaines apr√®s mon arriv√©e √† Toronto (et mon appartement de r√™ve trouv√©), j'√©tais engag√©e (apr√®s un entretien de 30 mn) ( et sans dipl√īme dans l'√©ducation #LaMagieDuCanada) comme aide-enseigante (√ßa n'existe pas en France) dans une √©cole secondaire (coll√®ge et lyc√©e) francophone. Franchement, y a ce moment o√Ļ tu te dis que la vie te sourit, ce moment o√Ļ rien ne pourrait √©branler ta confiance et il y a quelque chose d'un peu √©lectrisant √† vivre √ßa.

Au del√† du fait que j'avais la s√©curit√© de l'emploi, une bonne couverture sociale et un bon salaire, j'avais surtout un travail √©panouissant. Je me suis bien habitu√©e au syst√®me √©ducatif canadien. La radio scolaire, les spectacles, les booms, les casiers des √©l√®ves qui faisaient que tu avais l'impression d'√™tre dans leur chambre, entendre parler arabe, anglais et leur r√©pondre en fran√ßais parce que c'√©tait ce qui nous r√©unissait. 
L√†-bas, j'ai organis√© des sorties scolaires, j'ai mont√© un journal de l'√©cole avec deux coll√®gues et puis ma derni√®re ann√©e, j'ai particip√© de fa√ßon b√©n√©vole √† la mise en place du spectacle annuel du Mois de l'Histoire des Noirs. C'√©tait des heures tardives de pr√©paration, de r√©p√©titions, des heures √† encadrer les √©l√®ves, √† leur apporter notre soutien, √† s'inqui√©ter quand √ßa n'avan√ßait pas vite et s'entendre dire que " ne t'inqui√®te pas Madame, everything will be alright. Ah oui t'as raison, je vous fais confiance apr√®s tout."

Et √† moi aussi on m'a fait confiance. J'√©tais en charge de pr√©parer plusieurs groupes d'√©l√®ves pour le test provincial de fran√ßais (obligatoire pour entrer √† l'universit√© si tu es dans une √©cole francophone en Ontario),  j'ai surveill√© des examens, j'ai donn√© des classes de soutien en fran√ßais √† des √©l√®ves en difficult√© et √† des nouveaux arrivants au Canada. On m'a f√©licit√©e, on m'a dit merci et je ne savais pas trop comment r√©agir parce que √ßa me semblait normal, je ne faisais que mon travail. Et √©tant fran√ßaise, j'avais pas trop l'habitude de tout √ßa, tu sais, cette positivit√© bienveillante.

Bien s√Ľr, le plus chouette c'√©tait le lien que j'entretenais avec les √©l√®ves. Tu ne peux pas travailler avec des jeunes et faire semblant de t'int√©resser √† eux. Pas si tu veux qu'ils r√©ussissent. On se parlait beaucoup, certaines filles (et gar√ßons !) me racontaient leur peine de coeur, les probl√®mes √† la maison, de ces choses qui ne sont pas minimes parce que tu es ado, non, de ces choses qui font qu'une journ√©e va bien se passer ou non.


Y a des √©l√®ves que j'ai suivis plusieurs ann√©es alors je ne pouvais pas rater leur remise de dipl√īme et leur prom. Je suis donc retourn√©e √† Toronto un an apr√®s mon retour en France pour participer √† leur grand jour. C'√©tait un temps suspendu, doux et charg√© d'√©motions.



Je suis rentr√©e sereine, le coeur un peu triste en me disant que √ßa passerait. Car oui, tout finit par passer m√™me si je serais toujours un peu nostalgique parce que c'est une ambiance que je ne revivrais pas. Mais je sais aussi qu'on a tendance √† id√©aliser ce que l'on a quitt√©. 

Alors voil√†, je ne vais pas mentir, le Canada a su m'apporter tout ce en quoi la France avait √©chou√© et est aussi la raison de la "r√©ussite" de mon retour. Parce que je suis revenue plus motiv√©e que jamais. Donc, tu vois, m√™me ici je lui dois beaucoup. 

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